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Anniveraire de la mort de John Poldori

 
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Gerhart Von Steiner
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MessagePosté le: Ven 24 Aoû - 15:00 (2012)    Sujet du message: Anniveraire de la mort de John Poldori Répondre en citant

Anniversaire de la mort de John Poldori


  

  

John Polidori, inventeur du vampire moderne est mort le 24 août 1821. Cet anniversaire est l’occasion de se revenir sur son oeuvre la plus célèbre, "Le Vampyre" , en compagnie de Nathalie Saudo-Welby.
  
[Note de l’éditeur : disponible ici, a été préfacée par Nathalie Saudo-Welby, dont nous reproduisons le texte ci-dessous.">  
Présentation du "Vampyre" de Polidori
par Nathalie Saudo-Welby  
Peu de récits de vampires sont plus anciens que l’histoire de Lord Ruthven, « Le Vampyre ». Cette créature est née dans un contexte orageux. Au mois de mai 1816, le poète anglais Lord Byron, son médecin et secrétaire John Polidori, Mary Godwin (future Mary Shelley) et le philosophe et poète Percy Shelley passaient des vacances au bord du Lac de Genève. Le soir, réunis autour du feu, ils aimaient se lire à haute voix des poèmes sur les vampires. Par une nuit particulièrement agitée, ils décidèrent de se divertir en écrivant chacun une histoire de fantôme. Mary Godwin, qui avait 19 ans, commença ce qui allait devenir Frankenstein (1818) ; Lord Byron écrivit un fragment sur un vampire aristocrate appelé Darvell. A partir de ce fragment, Polidori, alors âgé de 21 ans, écrivit « Le Vampyre ». Ce texte, qui est le seul pour lequel on le connaît, fut attribué au célèbre Byron lui-même jusqu’à ce que Polidori s’en proclame l’auteur en 1819.  
L’orthographe inhabituelle du mot « vampyre » est un archaïsme, destiné à ancrer le personnage dans une longue tradition, qui n’existait pourtant pas à cette date. Lorsque les premiers vampires sont apparus dans la poésie romantique à la fin du XVIIIe siècle, les principaux textes qui existaient documentaient des apparitions réelles constatées au milieu du même siècle. A cette époque, la multiplication de cas de vampirisme en Europe de l’Est fit croire à une véritable épidémie, sur laquelle les historiens continuent de s’interroger. Les écrivains romantiques furent séduits par le caractère sombre et mystérieux des traités écrits à cette époque sur les vampires, et s’intéressèrent à ces êtres qui semblaient incarner la rébellion.  
Malgré la brièveté du texte de Polidori, Lord Ruthven reçoit une identité très forte, dans laquelle se trouvent déjà de nombreux éléments du mythe du vampire à venir. Il parle peu mais impressionne beaucoup. C’est un aristocrate mélancolique, désargenté et fourbe. Sa soif de sang n’est qu’un aspect de son vampirisme : Lord Ruthven est aussi un vampire financier, qui ruine tous les jeunes gens qu’il côtoie, et un vampire psychique aux pouvoirs de fascination destructeurs. Ce « beau parleur » semble utiliser sa langue et ses lèvres davantage que ses dents, mais Polidori préserve le plus grand mystère sur le contenu de ses paroles. On peut aussi observer comment, dans ce récit, Polidori fait l’usage de nombreux ingrédients destinés à devenir des clichés de la littérature ou du cinéma gothique : le héros orphelin livré à des influences maléfiques, le voyage dans le sud ou dans l’est, l’avertissement donné à la future victime, les amours fatales… « Lord Ruthwen, ou les Vampires », publié en 1820, témoigne du succès dont jouit le texte de Polidori dès sa publication l’année précédente. Dans les récits gothiques, l’origine du texte, la découverte du manuscrit et de son auteur sont souvent entourés de mystère. C’est le cas de « Lord Ruthwen et les Vampires » qui fut publié sous le nom de Cyprien Bérard, mais dont on a longtemps pensé que son véritable auteur était son éditeur, le romancier français Charles Nodier, auteur de nombreux romans traitant du surnaturel. Il est probable que Cyprien Bérard en est l’auteur, mais on sait que Nodier l’adapta immédiatement en un mélodrame qui fut joué pour la première fois le 13 juin 1820 au théâtre de la porte St Martin à Paris.  
Bien que ce récit contienne des histoires d’amour, son esprit est assez différent de celui de Polidori. C’est un roman sentimental, peuplé de jeunes gens bons et sensibles, mais le sentimentalisme n’exclut pas l’humour car on y rencontre aussi un imposteur, un faux vampire ! Lord Ruthwen est un grand voyageur qui franchit les frontières, ce qui fait basculer le récit dans le pittoresque (les gondoliers vénitiens) ou l’exotisme. Le lecteur du XXIe siècle sera probablement surpris par la maigre place occupée par le sang dans le récit. C’est que Lord Ruthwen est un vampire psychique, financier mais aussi politique. Il semble avide de pouvoir sur les âmes davantage que de sang, et le texte se conclut même sur une leçon politique avertissant contre le « danger d’abandonner les rênes à un favori ».  
Dans les deux textes, des jeunes gens droits et honnêtes font au vampire une promesse fatale qu’ils ne rompent pas bien qu’elle les mène à leur perte. Ce serment souligne le fossé qui les sépare du vampire, pour qui aucune loi morale ou physique ne semble exister. De ce point de vue, la leçon éthique du texte de Polidori est ambiguë, car si le preux héros est mis en échec par sa bonté, que doit-on penser du bien-fondé de ses principes moraux, d’ailleurs totalement impuissants contre la séduction dégagée par le vampire ? A cet égard, le roman de Bérard constitue un peu la revanche de l’innocent Aubrey contre Lord Ruthven. C’est pour cette raison que « Lord Ruthwen, ou les Vampires » annonce le très célèbre Dracula (1897) de Bram Stoker : l’auteur y ménage de nombreux effets de suspense, et on y voit apparaître la structure de l’alliance entre de jeunes gens aimables, représentant les forces du bien, contre le vampire.  
« Lord Ruthwen, ou les Vampires » est aussi un roman labyrinthique, qui contient de nombreux récits enchâssés, dans la tradition orientale des Mille et une nuits. S’égarant de conte en conte, le lecteur part à la recherche de Lord Ruthwen aux côtés des preux amants, et sera récompensé par la vision du monstre dans sa tombe : « Une hideuse pâleur couvre le visage de l’odieux cadavre ; mais par un contraste miraculeux, il offre des vestiges sanglants de la vie. Ses yeux pétillants brillent d’une affreuse expression, ils lancent des traits de feu et ses lèvres rouges s’agitent, se tournent, et semblent se repaître encore d’une effroyable pâture. » Chose extrêmement rare, les lèvres sanguinolentes de ce vampire racontent aussi des histoires ; il parle et s’épanche, il interprète même sa propre condition de vampire pour l’excuser lorsqu’il traite les apparitions vampiriques de superstitions ou de méprises, ou lorsqu’il les banalise en comparant le vampirisme aux « cruautés inexplicables » de la vie. Il faudra probablement attendre Entretien avec un Vampire (1976) d’Anne Rice pour retrouver un vampire aussi bavard !  

  
Cet article n'est pas de ma personne mais de Miss :
Nathalie Saudo-Welby 

sources : http://www.auxforgesdevulcain.fr

 
  

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MessagePosté le: Ven 24 Aoû - 15:00 (2012)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 12 Sep - 23:39 (2012)    Sujet du message: Anniveraire de la mort de John Poldori Répondre en citant

Très intéressant, et je ne connaissais pas Lord Ruthwen et les Vampires. Je vais essayer de le trouver et de le lire, tient ! Il m'intrigue.
Concernant Le Vampyre de Polidori, c'est déjà fait, j'avais bien aimé, mais c'est court ^^' Enfin cela comporte tout de même un avantage : personne ne peut décemment dire "désolé, je n'ai pas le temps de le lire" :p
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep - 08:00 (2012)    Sujet du message: Anniveraire de la mort de John Poldori Répondre en citant

Toutefois, il faut signaler que le Vampyre de Polidori n'est pas la première nouvelle vampirique anglaise. En 1813, lord Byron a publié un texte, le Giaour, dans lequel il évoque le vampire.
Ce vampire est d'origine ottomane, ce qui nous ramène à l'origine du mythe, car Arnold Paole avait été 'infecté' par un vampire ottoman.
Lord Ruthven est toutefois le premier vampire aristocratede la littérature, ce qui est normal car Polidori parle de Lord Byron.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Giaour



Quant à l'appelation 'Vampyre' avec Y, il s'agit de la première ortographe du mot dans les rapports de Glaser et ensuite de Flückinger. Glaser l'écrit même 'Vampijre', pour être précis.
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MessagePosté le: Sam 24 Nov - 23:10 (2012)    Sujet du message: Anniveraire de la mort de John Poldori Répondre en citant

J'ai bien aimé la nouvelle "le vampyre" de Polidori. Il faudrait que je la relise quand j'ai le temps ^^
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MessagePosté le: Dim 25 Nov - 08:28 (2012)    Sujet du message: Anniveraire de la mort de John Poldori Répondre en citant

Le Vampyre de Polidori est effectivement une nouvelle intéressante à défaut d'être passionnante. Elle est une source importante dans l'histoire de la littérature vampirique, cela dit, son intérêt ne réside malheureusement qu'en cela... et à l'histoire de son écriture (voir le film Gothic pour cela, qui retrace l'histoire d'une nuit où Shelley, Polidori et Byron ont eu tous trois l'idée d'une histoire à faire frémir...). À part cela, le récit est long et proprement romantique, ce qui est assez usant au bout d'un certain temps. L'écriture y est parfois laborieuse... Malgré cela, cette nouvelle est restée dans les annales du vampirisme littéraire.

CountOrlov qui n'est jamais 100% satisfait^^
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Chaque être vivant est un volume de sang qui perle à chaque page coupée.

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